Au cours du premier semestre 2008, tous les secteurs de l'immobilier ont eu à subir les conséquences de la crise.
Le premier semestre 2008 restera dans les mémoires comme celui qui a vu le retournement du marché toucher de plein fouet le secteur de l'immobilier. Retour sur un début d'année mouvementé pour l'immobilier.
S'il faut remonter bien au-delà de cette première moitié 2008 pour distinguer les prémices de la tension actuelles (notamment l'été 2007 qui enregistra le début de la crise des subprimes américains, crise qui influera fortement sur les taux du crédit immobilier français), ce premier semestre pourrait surtout se définir par la prise de conscience généralisée de la crise immobilière.
De nombreux experts l'annonçaient depuis longtemps mais c'est donc au cours des 6 premiers mois de l'année 2008 que le retournement du marché immobilier est réellement sorti de l'ombre. Les chiffres comme les témoignages de professionnels de l'immobilier ne manquent pas désormais pour attester de son existence. Dès le mois de mars, les études révélaient un nombre de mises en chantier en très net recul (-21,6% annuels), une régression importante des permis de construire (-20% sur 3 mois et -11% sur un an) ainsi que la chute des ventes de programmes neufs (-27,9 % sur un an au 1er trimestre 2008 selon le ministère de l'équipement). Les Nouveaux Constructeurs ont ainsi annoncé un recul de leurs ventes de près de 30% et le promoteur immobilier Kaufman & Broad prévoyait, le 19 juin, un chiffre d'affaire pour 2008 en repli de 5%, abandonnant par la même plusieurs de ses programmes et réévaluant à la baisse le prix de nombreux logements (entre -8 et -12%). Les constructeurs, les promoteurs et plus généralement l'immobilier neuf dans son ensemble furent donc les premiers touchés par la crise ; d'autres secteurs économiques n'allaient pas tarder à emprunter la même courbe descendante.
S'il a fallut un peu plus de temps pour en prendre la mesure, l'immobilier ancien s'est également vu affecté par ce retournement. Sans vouloir l'admettre, les agents immobiliers ont toutefois observé la situation s'installer lentement, comme le précise un responsable du réseau d'agences immobilières Laforêt : « dès septembre 2007, le réseau a senti que les prix connaissaient un coup d'arrêt ». Le doute n'est désormais plus permis, « la baisse, tant de fois prédite mais jamais confirmée, arrive. Depuis le début de l'année 2008, les prix ont commencé à décroître, sauf à Paris et en première couronne où, à partir d'avril, ils ont cessé d'augmenter, mais sans encore véritablement enregistrer de recul », déclarent Patrick-Michel Khider et Bernard de Crémiers, coprésidents fondateurs de Laforêt Immobilier, avant d'ajouter, « les acheteurs n'hésitent plus désormais à faire aux vendeurs des offres inférieures de 10% par rapport au prix demandé. De fait, les délais de vente ont commencé à rallonger: il s'écoule désormais 89 jours en moyenne contre 75 jours en 2007, entre la mise en vente d'un bien et la signature du compromis ».
Même son de cloche chez Century21 qui révélait ce mardi 1er juillet une baisse des ventes de 10% avant de pronostiquer un repli de 15% cet été. Les agences immobilières se retrouvent durement touchées et nombre d'entre elles pourraient bien se voir contraintes à fermer boutique.
Les prix baissent sans que les particuliers ne puissent en profiter pleinement. En effet, parallèlement à ce fléchissement des prix, le taux d'intérêt appliqué à un prêt immobilier n'a eu de cesse d'augmenter pour désormais atteindre la barre des 5% (il était encore à 4,5% en juin 2007). Le resserrement des conditions d'octroi d'un crédit par les banques et la très probable augmentation du taux directeur de la Banque Centrale Européenne (annonce qui devrait être faite demain 03 juillet) ne participent évidemment pas à une éventuelle amélioration de la situation.